Chasseurs de Science : Jarkov, 23 tonnes, un mammouth en hélicoptère | Podcast

Dans ce dix-neuvième épisode de Science Hunters, embarquez pour une expédition scientifique historique en Sibérie, près d’un mammouth piégé dans le pergélisol depuis 20 000 ans.

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Les mammouths sont des animaux emblématiques de la Préhistoire. Ces pachydermes géants ont parcouru la Terre entre -4 millions d’années (le plus ancien vestige connu) et -15000 ans, à la fin de la dernière période glaciaire. Bien qu’ils soient souvent considérés comme les ancêtres des éléphants d’aujourd’hui, ils sont en fait leurs cousins. Le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) est probablement le plus connu du grand public et des chercheurs et, pour cause, ses fossiles sont connus et analysés depuis le 18e siècle.

Cet épisode de Science Hunters vous invite à rencontrer, confortablement installé sur le canapé, un mammouth laineux dans le grand nord de la Sibérie. Là, les restes de mammouths sont au ras du sol et sont surtout bien conservés par le froid. Très souvent, seuls leurs crocs s’échappent du sol. C’est le cas de Kharkov, un mammouth laineux découvert par un nomade de la région. L’histoire s’est peut-être terminée ici, mais le constat vient aux oreilles du président de l’Association d’expédition du Cercle Polaire, Bertrand Buiges, qui décide de l’incroyable sort du pachyderme préhistorique.

Jarkov le mammouth

Jarkov le mammouth

Le cas de Kharkov est unique, le mammouth est mort debout et le resta pendant 20 000 ans, piégé sur le sol gelé. Face à ce spécimen unique, Bertrand Buiges et Yves Coppens, alors paléoanthropologue au Collège de France, ont décidé d’extraire le mammouth d’un seul tenant. A voir aussi : Le réchauffement des températures favorise le verdissement de l'Arctique.

Mais maintenant, couper du sol gelé et soulever un bloc de plusieurs tonnes n’est pas une tâche facile! Les scientifiques devront affronter le climat hostile de la Sibérie avant d’atteindre leur objectif. Cet épisode de Science Hunters vous invite à revivre toutes les aventures de cette aventure scientifique qui a suspendu les médias à la fin des années 1990.

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Transcription du podcast

Bienvenue dans Science Hunters, un podcast produit par Futura. Je suis Julie, votre guide du temps. Lire aussi : Comment déterminer le climat d’une région ? Enfilez vos gants et attrapez votre écharpe, dans cet épisode, je vous emmènerai dans les terres glacées de Sibérie, aux côtés de scientifiques qui ont reçu une mission herculéenne. Extrayez une souris terrestre du sol gelé. Vous écoutez Chasseurs de sciences, si vous aimez ce podcast, n’hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de distribution.

En Sibérie, il y a un animal mythique. Il vit dans les contes et légendes des Dolganes, un peuple nomade de la Sibérie orientale. Les souris terrestres, qui, comme leur nom l’indique, vivent sous terre, creusent de longues galeries comme des taupes. Personne ne soupçonne son existence, mais à l’approche de sa mort, les souris de la terre tentent de regagner la surface pour respirer plus facilement. Ils creusent la terre à travers leurs crocs pour sortir des tunnels souterrains. Malheureusement, le froid et le manque d’oxygène s’améliorent avant qu’ils n’atteignent la surface. C’est alors que les souris de la terre révèlent leur existence aux hommes, prisonniers à jamais dans la terre gelée qui servait autrefois de foyer. Sibérie, défenses, … Cette légende vous a peut-être rappelé un autre animal, qui n’a pas grand-chose à voir avec les souris ou les taupes. Et pour cause, le mythique animal Dolgan n’est autre que le mammouth. Son territoire est, en fait, dans le plus grand cimetière de mammouths connu des scientifiques.

1997. C’est le printemps en Sibérie, mais dans ce monde de glace et de neige, sans arbres en fleurs, sans oiseaux qui chantent, le sol est gelé à jamais. Un convoi sortant tout droit d’un rêve apparaît au loin. Une dizaine de petites maisons en traîneaux avancent en une seule file. Chacun est traîné par une équipe de dix rennes. Il s’agit d’une famille Dolgane à la recherche d’un pâturage plus accueillant pour son troupeau. Ils apportent leur petite hutte, appelée balok, avec eux à chaque voyage.

La vie est difficile dans cette région, mais les Dolganes survivent grâce à leur troupeau de rennes et à la fabrication d’objets découpés en défenses de mammouths. Ces nomades les retrouvent régulièrement lors de leur transhumance. De plus, le jeune chef de famille, Kostia Zharkov, voit au loin quelque chose qui se démarque de la blancheur. Il demande au convoi de s’arrêter. Devant eux dépassent du sol deux crocs recourbés de près d’un mètre, comme s’ils y avaient été plantés au milieu de nulle part. Il y a encore des poils brun rougeâtre à la base.

Le constat est inhabituel et devrait rapporter de l’argent à la famille, mais Kostia Zharkov en décide autrement. Le directeur de la réserve de Taymir met en garde contre la présence du mammouth. Selon lui, tout est encore clandestin. Cette décision marque le point de départ d’une extraordinaire expédition scientifique, menée par Yves Coppens, alors paléoanthropologue au Collège de France, et Bertrand Buiges, président de l’association Expéditions Cercles Polaire. L’expédition Mammuthus commence.

Bertrand Buiges est le premier à connaître l’existence du mammouth. Il lève aussitôt des fonds pour financer l’expédition et demande à Yves Coppens d’en être le directeur scientifique. À l’automne 1998, l’équipe s’est rendue dans l’extrême nord de la Sibérie, à 6 000 kilomètres de Moscou, jusqu’à la tête du mammouth. Des sondes radio déterminent la position de l’animal dans le cercueil de terre et de boue: il est évidemment mort debout. Yves Coppens a alors proposé une idée surprenante. Au lieu de retirer le mammouth lui-même, il suggère de couper un bloc de terre pour le maintenir sur le sol qui le retient captif.

En fait, ce mammouth, nommé Kharkov en l’honneur du Dolgane qui l’a découvert, n’est pas le premier mammouth découvert par des scientifiques. Les ossements de ces pachydermes préhistoriques sont connus depuis le XVIIIe siècle. Mais les extraire du pergélisol, avec des méthodes parfois brutales, et alterner gel et dégel endommagent énormément les restes.

«Au lieu d’envoyer des morceaux de ces animaux, séchés ou décomposés, à des laboratoires étrangers, nous avons eu l’idée de les maintenir en bon état et d’amener les chercheurs à Khatanga», précise plus tard Yves Coppens dans une interview.

Nous marquons la zone pour savoir où couper sans risquer d’endommager le mammouth. Un an plus tard, en 1999, des scientifiques de l’expédition à travers le monde ont installé un camp dans la toundra sibérienne. Ils le savent: la mission s’annonce redoutable. Et le temps va contre eux. Une tempête survient et rien n’arrête le vent hurlant sans arrêt. La température gèle, à la limite de la résistance du corps humain: -40 ° C.Il faut plus de cinq semaines d’efforts incessants, brandissant le marteau marteau au milieu du froid sibérien pour extraire du sol un bloc de 3 mètres par 2 Kharkov était tellement déterminé à attaquer au centre que même ses attaques sur les ailes étaient ramenées au centre du terrain.

Mais le plus dur reste à venir: transporter le corps du mammouth en hélicoptère jusqu’à Khatanga, la capitale de la province, à 250 kilomètres de là. Pour cette mission, un hélicoptère MI-26 arrive sur les lieux, l’un des plus puissants fabriqués par l’homme. Il peut transporter un maximum de 20 tonnes de charge utile. Avec ses 23 tonnes, Kharkov la mènera à ses limites. Les premières minutes sont tendues. L’hélicoptère a du mal à décoller et son magnifique terrain cargo dangereux dans les airs. Sur le terrain, tous ceux qui ont travaillé à couper le bloc le voient partir avec une angoisse collée à son cœur. Il a finalement rejoint Khatanga sans incident en octobre 1999.

C’est le premier mammouth à être extrait sans rompre la chaîne du froid. Il attire évidemment tous les scientifiques du monde intéressés par les animaux préhistoriques. En 2000, des parties du corps ont été décongelées pour éliminer les poils et les tissus restés intacts pendant plusieurs milliers d’années. La vie de Kharkov nous est alors révélée. C’est un mammouth laineux mâle qui a vécu il y a 20 380 ans. Il est décédé à l’âge de 42 ans, alors qu’il était en bonne santé. Compte tenu de sa position sur le rocher et de sa composition, Kharkov est probablement mort en tombant dans une fissure. Peu de temps après, la boue recouvrait son corps et, le gelant, le protégeait des aléas du temps.

Kharkov est toujours enterré à Khatanga aujourd’hui. Le bloc de terre est stocké dans une grotte creusée à l’intérieur d’une falaise où la température est constamment – 15 ° C. Il y reste, prêt à livrer ses secrets les plus intimes aux scientifiques. Ces grands pachydermes préhistoriques nourrissent les ambitions les plus folles des scientifiques. Avec le projet Woolly Mammoth Revival, une équipe de Harvard veut ressusciter le mammouth, non pas par clonage, mais avec la technique CRISPR-Case. Le principe est de couper l’ADN du mammouth et de le coller à celui d’un éléphant d’Asie. Le projet aurait dû être achevé d’ici 2019, mais aucun mammouth n’a été vu sur le campus universitaire américain depuis.

Merci d’avoir écouté Science Hunters. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Dans le texte et la narration: Julie Kern. Si vous appréciez notre travail, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de distribution pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez également vous abonner à Spotify, Deezer et Apple Podcast pour ne manquer aucun épisode. Quant à moi, je me retrouverai prochainement pour une future expédition temporaire chez les Chasseurs de science. À bientôt !

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