Climat, désobéissance et permaculture : plongée parmi les révoltés de l’apocalypse

Après les impressionnantes marches climatiques de 2019 et l’avancée des écologistes aux élections municipales de 2020, les militants écologistes ont été frappés comme tout le monde par la crise du covid-19. Mais pour ces rebelles du climat, le combat n’est jamais terminé.

Un après-midi sombre au centre d’Orléans. Ce 4 décembre 2020, le thermomètre indique 7 ° C et les rares passants ne restent pas devant les hautes portes de la préfecture du Loiret, rue de Bourgogne. Du coup, une dizaine de personnes masquées apparaissent, de la rue Pothier, des cartons pleins d’armes. En quelques secondes, l’espace devant les portes de la préfecture devient un mur marqué des slogans #StopAmazon et d’un logo grimace qui imite celui de la multinationale.

Livraison de colis #StopAmazon à la préfecture d’Orléans pour #Blackfriday. Appelez à un moratoire sur les magasins de commerce électronique et arrêtez l’expansion de @amazon et de son monde. #BlockFriday #AmazonMacroncomplices pic.twitter.com/9Q9jPKegJi

Immédiatement, des banderoles se sont matérialisées, frappées du sablier Extinction Rebellion (également abrégé «XR») ou de la main noire de l’ANV-COP21. Nous prenons des photos. Certains passants sont surpris, mais ne restent pas. De l’autre côté de la porte, on sent que la perplexité cédera bientôt la place à l’agitation pour ce qui peut sembler être le début d’une manifestation non déclarée. Mais dès leur arrivée, les militants emballaient leurs affaires et ils étaient déjà partis. L’action est terminée. Une vingtaine de minutes plus tard, on les retrouve en train de débriefer sur l’herbe du parc Pasteur avant que tout le monde ne quitte la maison.

La désobéissance civile au coeur de leurs actions

La désobéissance civile au coeur de leurs actions

Ce type d’action non-violente est devenu l’un des modes opératoires privilégiés par de nombreux groupes et mouvements environnementaux. Lire aussi : Météo du mardi 16 mars : un temps humide et frais pour la saison. Forts de leur ascension aux grandes mobilisations non-violentes du XXe siècle et de l’activisme environnemental, ils ont prôné la «désobéissance civile» pour faire bouger les choses et imposer les enjeux climatiques et environnementaux dans le débat public.

Cet activisme, comme ils l’expliquent souvent, fonctionne sur «deux jambes»: d’une part, la dénonciation, dans la non-violence, des engagements non tenus par l’Etat et l’urgence climatique, et, d’autre part, la construction de alternatives, toujours avec pédagogie. C’est ce qui a donné son nom au mouvement citoyen Alternatiba, dont la fondation en 2013 l’a fait ressembler un peu au «grand frère» de l’ANV-COP21 et de l’Extinction Rebellion, nés respectivement en 2016 et 2018.

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Une stratégie payante ?

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Mais est-ce vraiment utile de mettre trois boîtes et de prendre une photo devant une préfecture? « La désobéissance civile a fonctionné plusieurs fois dans l’histoire », a déclaré Rémi Filiau, entraîneur et coordinateur du groupe Les Désobéissants, citant les succès de la lutte de Gandhi pour l’indépendance de l’Inde ou le renversement non violent de Milosevic en Serbie. A voir aussi : SpaceX sait pourquoi le Starship SN10 a explosé. Octobre 2000.

Plus près de nous, des explosions environnementales rythment l’actualité çà et là depuis 2015, avec l’action des «tondeuses à chaise» venues voler du mobilier de bureau aux grandes banques pour dénoncer la fraude fiscale et le manque de moyens consacrés à l’écologique. transition, ou l’occupation de divers points stratégiques à Paris, des banques et même un fonds de gestion d’actifs depuis. Plus récemment, on a parlé d’ANV-COP21 en 2019 suite à la «réquisition» par environ 150 communes françaises du portrait officiel d’Emmanuel Macron pour dénoncer l’inaction de son gouvernement.

«La rébellion d’extinction a fait de l’écologie un enjeu important dans une campagne électorale, notamment lors des dernières élections municipales, et c’est une vraie victoire», se félicite Rémi Filliau, qui passe par les militants orléanais de XR à l’occasion de la formation à la désobéissance civile . En effet, plusieurs villes, comme Tours, Lyon, Bordeaux et Strasbourg, ont été conquises par EELV et les majorités de gauche lors des élections municipales de 2020, une avancée historique au vu de la privation du droit de vote subie par le parti présidentiel LREM.

Quel rôle les militants ont-ils vraiment joué dans cette avancée? Dur à dire. Mais la mobilisation renouvelée qu’ils ont connue et entretenue avec soin depuis deux ans ne trompe pas leur intention de maintenir la pression. «Nous devons maintenant être vigilants pour que les programmes soient vraiment respectés et mis en œuvre», ajoute le formateur.

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Une orléanaise poursuivie pour avoir décroché un portait d’Emmanuel Macron

Une orléanaise poursuivie pour avoir décroché un portait d'Emmanuel Macron

De retour au printemps 2019. Depuis décembre, la campagne «Sujet du siècle» menée par quatre ONG (Nos affaires à tous, la Fondation Nicolas-Hulot pour la Nature et l’Humanité, Greenpeace France et Oxfam France) demande que l’État soit poursuivi en justice devant le tribunal administratif pour son inaction sur les questions environnementales et le non-respect des engagements pris sur le climat. Voir l'article : Les conditions changeantes du Pacifique font monter le niveau de la mer le long de la côte ouest des États-Unis. Une pétition, lancée à la veille, recueille deux millions de signatures en deux mois, un record. De son côté, le gouvernement, en la personne de son ministre de la Transition écologique de l’époque, François de Rugy, tente de faire en sorte que les mesures prises jusqu’à présent soient ambitieuses et suffisantes, sans vraiment convaincre.

En réponse, depuis le 21 février, l’ANV-COP 21 lance «Operation: Let’s Drop Macron». Le but est de faire impression: comme Emmanuel Macron est «absent» de la question climatique, il sera désormais également absent des conseils municipaux, où son portrait est «réquisitionné» dans plusieurs villes, dont Paris et Lyon. Au total, 151 portraits seront supprimés, selon le groupe.

L’idée était de montrer que les paroles de Macron sont aussi vides que les murs que nous laissons derrière

Le 2 mars, c’est au tour de la mairie de Saint-Jean-de-la-Ruelle, aux portes d’Orléans. «Je me souviens presque de chaque minute», raconte Franzeska Bindé, membre de l’ANV-COP21 à Orléans. «J’ai très mal dormi la nuit précédant l’action et les nuits suivantes, mais je ne suis pas désolé. Ce même jour, j’étais très calme. « Ce jour-là, il y en a treize pour mener l’opération. Une séance d’information précise a lieu: chaque activiste sait quoi faire. Comme toute action non-violente, le plan est élaboré avec soin », pour que tout fonctionne harmonieusement aussi bien pour les personnes impliquées que pour celles que nous allons enfin rencontrer », explique l’activiste. Quelques jours plus tôt, les explorateurs sont venus localiser la salle des mariages, où l’objet du crime est innocemment intronisé, alors le petit groupe demande la permission d’entrer dans la salle pour de fausses raisons et, par anticipation, pense même à récupérer une échelle.

Sur les lieux, « tout s’est déroulé exactement comme prévu ». Les militants ont la porte ouverte à un employé de la médiathèque. Immédiatement, la petite équipe se rend compte que les personnes venues explorer ont légèrement surestimé la hauteur à laquelle le portrait est suspendu: l’échelle sera finalement inutile. « Je me souviens d’un moment très concentré, très calme, et cela s’est passé très rapidement. » Deux personnes se retrouvent avec l’employé « qui n’était pas tout à fait d’accord avec le fait que nous partions avec le portrait! » et ils deviennent, en argot, des «anges gardiens»: ils expliquent la vraie raison de leur présence et les rassurent que l’action, aussi surprenante et illégale soit-elle, s’inscrit dans un processus apolitique.

En quelques minutes, Emmanuel Macron est déroutant et prend des photos pour alimenter les réseaux sociaux. «Les photos sont une étape importante pour nous, qui nous permet de bien expliquer et surtout d’accepter notre action et notre message», souligne Franzeska Bindé à ce point de son histoire. Moins de dix minutes après leur arrivée, les militants défilent comme ils étaient venus, le président de la République sous le bras. Jusqu’à présent, il n’est réapparu qu’occasionnellement lors de nouvelles actions militantes, comme «lui montrer la réalité du changement climatique», sans que la police puisse mettre la main dessus. Le 3 février 2021, le tribunal administratif de Paris a condamné l’Etat de «carence défectueuse» pour non-respect de ses engagements climatiques et a octroyé un euro symbolique pour préjudice moral aux quatre associations.

Cependant, l’action non violente a également un coût. Sans surprise, le 13 mai, Franzeska Bindé et deux autres militants les plus identifiés dans les photos qu’ils partagent sur les réseaux sociaux, Samuel Chanonier et Vincent Lombard, ont été convoqués par la police et placés en garde à vue pendant neuf heures et chez vous. Dans la foulée, ils ont été inculpés de vol qualifié lors d’une réunion et condamnés, le 13 septembre, à une amende de 200 euros avec sursis lors d’un procès qui a de nouveau mobilisé leur soutien et a permis aux climatologues d’être invités comme témoins pour prouver leur validité. De leurs motivations. . Franzeska Bindé écope également d’une deuxième condamnation avec sursis de 200 euros pour avoir refusé de donner son ADN pendant sa garde à vue. Au total, une quarantaine de procès ont eu lieu, dont la plupart ont abouti à des condamnations symboliques ou des amendes, mais aussi à des peines absolues, comme à Strasbourg, Lyon ou Auch.

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De la « génération Greta »…

Tout le monde n’était pas prédestiné à devenir des tondeuses à chaise, des réducteurs de portraits ou des squatteurs dans les lieux publics. Anne-Claire, de l’ANV-COP21, n’était pas présente parmi les « 13 mars 2 » à Saint-Jean-de-la-Ruelle, mais était à l’arrière ce jour-là, comme on dit dans l’argot du désobéissant. Ceci pourrez vous intéresser : Fil de Science : Sons martiens, variant anglais et lumière zodiacale | Podcast. Sensibilisée depuis longtemps par les enjeux environnementaux, elle a rejoint le mouvement de désobéissance civile à la fin du printemps 2018. «Avant, j’étais plus dans l’action individuelle: trier les déchets, ne pas trop conduire …» A l’époque, les jeunes grèves et grands les mouvements étudiants lancés par la jeune Suédoise Greta Thunberg n’avaient pas encore commencé, mais en juin, Alternatiba a organisé une vaste tournée nationale d’information et de formation.

Au 9 juin, le mouvement traverse des dizaines de territoires et sensibilise aux enjeux environnementaux et à la lutte non violente. Au niveau national et international, la dynamique est rapide: après le 20 août, les grèves de la jeunesse lancées par Greta Thunberg deviennent plus nombreuses et visibles, l’initiative est prise par le collectif Youth For Climate à partir de janvier 2019 et impose la prise de « marches climat » lieu en septembre et octobre dans toute la France, notamment à Tours et à Orléans.

Le 28 août, au micro de France Inter, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a annoncé sa démission à, explique-t-il, «ils ne se mentent plus.» La mobilisation populaire, qui se poursuit avec «L’affaire à la fin de 2019, il est devenu un jalon dans l’imaginaire militant. Entre juin 2018 et l’automne 2019, sur fond de tensions sociales et lorsqu’une mystérieuse pneumonie a éclaté dans une ville chinoise, quelque chose a mal tourné.

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… à la « génération Covid »

«Cette période a été un coup de pouce, qui a ouvert les yeux de nombreux jeunes», confirme Simon Destombes, un militant de Greenpeace à Tours. A voir aussi : Le satellite NASA-NOAA analyse le panache de poussière du Sahara. Aux côtés d’Anaëlle Biger, également militante de Greenpeace Tours, elle participe également à la campagne Keep Your Feet on Earth pour lutter contre les subventions publiques allouées à l’aéroport de Tours et rendre compte des effets néfastes du transport aérien.

L’Etat se rend également compte que le moment a quelque chose d’historique et organise à partir d’octobre 2019 la Convention citoyenne sur le climat. 150 citoyens tirés au sort reçoivent toutes les informations dont disposent les scientifiques sur le réchauffement climatique et sont invités à faire des propositions. 146 sont retenus par le gouvernement, qui affirme en février 2021 qu’il en a mis en œuvre plus de la moitié et qu’ils sont en cours de mise en œuvre 71.

En effet, comme l’ont montré nos collègues du Monde, la plupart de ces mesures « ont été partiellement adoptées et 28 ont été écartées », tandis que pour Reporterre les mesures appliquées ne sont pas très emblématiques et, pour la plupart, « elles ont été adopté. assaini.  » Lors de leur séparation, le 28 février 2021, les 150 citoyens de la Convention accordent une note de 3,3 / 10 à l’examen par le gouvernement de leurs propositions.

Avec la crise sanitaire, économique et politique, bon nombre des personnes les plus précaires, en particulier les étudiants, ont dû suspendre leur activité militante. Et même sans cela, la mobilisation des forces de vie est plus difficile à tous les niveaux: la peur de se rencontrer, de contracter la maladie, d’être condamné à une amende, et l’atmosphère généralement sombre pèsent lourdement sur la balance. «Les gens sont un peu déprimés, tout le monde à la maison, au lieu d’essayer de s’organiser collectivement», déplore Rémi Filliau. «On rêvait tous d’un changement radical du monde le 11 mai, quand on a enfin pu sortir», se souvient Anne-Claire de l’ANV-COP21. Et au lieu de cela, nous avons subi un été triste, un deuxième blocage et un ton de repos sans fin. Mais «il y a beaucoup de petites graines qui ont été plantées», rassure l’activiste. « Je pense qu’il s’est rendu compte que les citoyens ont un énorme levier pour faire pression sur les instances dirigeantes. » Avec l’aide de la vaccination, la mobilisation climatique entamée en 2018 pourrait connaître une résurgence de l’élection présidentielle de 2022.

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Le climat, un enjeu démocratique

L’autre «jambe» du mouvement climatique est les actions dites «constructives» ou «alternatives». Depuis 2017, Alternatiba, par exemple, a lancé la campagne «Alternatives Territoriales» et a formé plus de quarante groupes de travail dans toute la France. A Orléans, c’est un de ces groupes qui a travaillé sur un pacte proposé aux différents candidats aux élections municipales dont France 3 vous parlait ici. Lire aussi : Météo - Madrid et une partie de l'Espagne sous la neige. Danielle Vendetti, membre du think tank et Alternatiba 45, explique: « Nous avons agi comme une sorte d’intermédiaire entre les associations, les personnes compétentes en la matière et les candidats aux communes. Ensuite, nous avons organisé des rencontres avec les élus et leur avons présenté le pacte ». qui contenait des propositions fortes et emblématiques.

Mais, à l’instar des propositions de la Convention citoyenne pour la transition écologique, les propositions sur le climat se heurtent à un rapport de forces sur le terrain qui les ralentit considérablement. Simon Destombes et Anaëlle Biger, les deux militants de Greenpeace de Tours, donnent l’exemple de l’aéroport de Tours, qui a été confronté à diverses organisations. Ils expliquent que l’aéroport reçoit environ un million d’euros de trois pouvoirs publics: Tours Métropole, le conseil départemental de l’Indre-i-Loire et le conseil régional.

Chacune de ces entités dispose également de trois sièges au sein du syndicat paritaire d’aménagement et de développement de l’aéroport de Tours (SMADAIT). À l’heure actuelle, les écologistes ont deux sièges métropolitains et un siège régional, seulement trois voix sur neuf. Cependant, pour faire évoluer une problématique telle que la réduction des subventions, il est nécessaire de faire un amendement aux mêmes statuts de Smadait, ce qui ne peut se faire sans l’accord de toutes les parties prenantes. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Denis, maire écologique de Tours et vice-président de la métropole, a démissionné de la présidence de Smadait dans un contexte orageux, en décembre, après un bref affrontement sur le retrait des lignes à Marrakech et Marseille. Parallèlement, les subventions publiques à l’aéroport devront augmenter d’un autre million d’euros par an et par communauté pendant trois ans pour répondre au besoin de développement et de modernisation du site après le départ de l’armée. «L’aéroport n’est pas seulement un problème écologique», conclut Simon Destombes, «c’est aussi une question de démocratie».

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Les assises de la transition d’Orléans : vrai espoir ou fausse piste ?

La démocratie est également en cause dans les autres métropoles de la région Centre-Val de Loire. A Orléans, au terme d’une campagne mouvementée, l’ancien maire de 2001 à 2015 Serge Grouard (LR) s’est encore imposé en 2020 contre son ancien poulain, le sortant Olivier Carré (LREM) et son adversaire environnemental soutenu par la gauche, Jean-Philippe Grandiose. Lire aussi : Quelle est la différence entre le climat et la météo ?. Une fois en place, le «nouveau» maire a annoncé la tenue de rencontres citoyennes de la transition écologique, de janvier à avril 2021. L’idée de ces rencontres est, selon la Métropole, d’instaurer «quatre mois d’échanges et d’échanges pour relever collectivement le défi de la transition écologique vers le territoire d’Orléans Métropole ».

Les fondements de la transition écologique d’Orléans Métropole

Une initiative qui se veut «participative», mais qui a été largement rejetée par certains militants qui accusent les élus, face à l’urgence, de payer les paroles. «De l’extérieur, c’est certes plein de bonne volonté», affirme Anne-Claire de l’ANV-COP21, par exemple, «mais cela fait longtemps que les groupes et associations n’ont pas mis des solutions sur la table.» Ils proposent des diagnostics, ils signalent des lacunes dans le territoire! « 

Cela donne en quelque sorte l’impression de vouloir réinventer la poussière. Peut-être que le deuxième, voire le troisième, devrait être omis.

«La campagne de communication lancée dans le centre-ville se concentre sur un message que je lis un peu comme« et vous, que faites-vous pour la météo? « , Observe Franzeska Bindé. » A moins que nous ne soyons plus là: les politiciens doivent agir, les responsables doivent faire quelque chose à plus grande échelle. « Pour le côté Alternatif, le groupe de travail d’Orléans a décidé de participer, mais avec prudence et dans des conditions. » Personnellement J’ai des doutes », explique Danielle Venditti, membre du groupe en question.« Pour l’instant, on nous a dit que nous sommes dans une «phase d’apprentissage» au cours de laquelle on nous informe., Et j’ai l’impression que nous avons peu de place pour les propositions et que tout cela est très cadré. »Après un mois et demi de rencontres, il hésite encore entre l’envie de participer et la méfiance:« J’ai le sentiment qu’à côté de ceux qui prennent des décisions politiques il y a déjà des projets, intentions et que quand on propose des choses, il y a à son tour une sorte d’écrasement qui consiste à faire ce qu’ils avaient prévu de toute façon, mais en incluant des mots clés: «écologie», «transition» … le fond reste le même! « 

Lors de l’élection du Conseil métropolitain, les militants d’Alternatiba ont voulu rappeler à Serge Grouard et à sa liste, les «Orléans dans l’âme», les engagements pris lors de la campagne municipale.

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« La maison brûle », et nous regardons (toujours) ailleurs

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© Orléans Alternative

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Les « Jardinières masquées » sèment la révolte à Tours

Cette écologie des façades, également appelée anglicisme «greenwashing», n’a rien de nouveau et relève plus des relations publiques que d’un véritable compromis politique. On pourrait blâmer le discours de l’ancien président Jacques Chirac ici à Orléans le 3 mai 2001, devant un Serge Grouard qui était déjà à la tête de la ville et couronné de sa première grande victoire électorale. A voir aussi : Science : une désintégration de particule anormale et « excitante » au CERN. Dans le même temps, l’ancien directeur général a souhaité lancer un «audit vert» des administrations trop gourmandes en énergie, avertissant qu’il ne serait pas augmenter les impôts dans une France «paralysée» par un excès de déductions fiscales., Et refusé prendre des mesures vraiment contraignantes.

Un an plus tard, à Johannesburg, l’ancien président de la République prononcera une nouvelle phrase sur le climat, qui est devenu le symbole à la fois de la prise de conscience tardive de la crise environnementale et du peu d’effet qu’elle a eu sur la classe politique traditionnelle. «Notre maison est en feu et nous regardons ailleurs», a déclaré Jacques Chirac. « La nature, mutilée, surexploitée, ne peut plus être reconstituée et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre d’un développement médiocre, tant au nord qu’au sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l’humanité sont en danger., Et nous le sommes. tous responsables.  » En fait, vingt ans plus tard, le danger ne fait que se rapprocher.

Que faire, alors, quand il n’y a plus de portrait à gagner et que les élus sont bloqués par des luttes de pouvoir qu’ils ne contrôlent pas, voire freinent? Inventer, informer et surtout: planter. À Tours, c’est ce que font des groupes comme les Masked Gardeners, qui depuis juillet 2020 réinvestissent des terres abandonnées en installant des plantations. C’est notamment le cas du jardin René Boylesve, en centre-ville, où trois blocs de terrain consolidés par des palettes abritent des jardins communs.

«Le principe est simple, n’importe qui peut venir planter, semer, récolter», explique Pauline Jallais, membre des Jardiniers Masqués et militante ANV-COP21. Formé vers la fin du premier confinement, à la suite des couturières masquées du Centre-Val del Loire, le petit groupe s’est vite rendu compte que la crise du covid-19 était aussi de la nourriture. Très vite, une dizaine de bénévoles ont commencé à investir dans les friches pour cultiver des légumes, des pommes de terre ou du chou. « C’est un moyen et non une fin: un moyen de se réunir, de se remettre en question, de se demander comment la nourriture peut exister dans les villes et de défier les pouvoirs publics. » Avec l’arrivée d’une commune écologique à la suite des élections municipales, le dialogue avec la commune de Tours et la métropole s’est encore approfondi, et les jardiniers masqués ont désormais deux places supplémentaires, sur la Gloriette et sur l’île. Balzac.

Passer le cap de la prise de conscience

Sur la plaine de la Gloriette, les Jardinières ont installé cette fois un espace agroforestier qui fait la fierté de Véronique. L’ancien prothésiste dentaire de 58 ans prétend fièrement être autosuffisant en nourriture et ne guérir que par les plantes. Des haies sèches ont été installées au nord et à l’est autour de la petite parcelle de terrain pour se protéger des rafales de vent. Ceci pourrez vous intéresser : 19 mars 2021 Écologie, féminisme, décolonisation : des pensées et des luttes communes Tribune. Il y a des arbres fruitiers, des pommes, des pêches, des prunes, des cerises, mais aussi des charmes et des érables. Tous ces arbres mettront des dizaines, voire des centaines d’années à former une véritable forêt. D’ici là, c’est à nouveau l’occasion d’éduquer, de réapprendre les habitants de la ville et les curieux de savoir comment reconnaître une telle plante.

Dans la plaine de la Gloriette, un groupe d’une dizaine de personnes plante et entretient ce qui deviendra à terme une petite forêt.

© F3 / Bertrand Mallen

D’autres se concentrent sur l’éducation et la nécessité de rendre compte des conséquences de la crise climatique et des solutions. C’est le cas, par exemple, du jeu La Fresque du climat, qui propose une introduction ludique pour dépasser les clichés et aller au-delà de la conscience. Depuis janvier, le groupe Climate Resistance, fondé notamment par le permaculteur de Touraine Gildas Véret, a également lancé le crowdfunding du kit ludique «Inventons nos routes bas carbone». Conçu comme une «suite» au climat frais, le kit comprend des cartes de différentes tailles représentant les émissions de carbone de nos actions quotidiennes, qui peuvent être échangées ou retirées pour répondre à l’objectif de l’accord. Paris: passer de 12 tonnes d’émissions de CO2 par an à 2 tonnes. Et le public a répondu: à la clôture du 12 mars, la campagne de financement participatif avait quasiment doublé son objectif initial, avec près d’un millier de kits vendus en prévente et près de 40 000 euros levés.

«Nous sommes dans l’idée qu’il ne faut plus s’opposer à l’action individuelle et aux décisions collectives», explique Arnaud Brulaire, formateur et co-fondateur de la Résistance climatique du Loir-et-Cher. Le défi, en revanche, est d’articuler les deux en cas d’urgence. Bien entendu, si la réduction de la consommation de viande rouge est accessible à tous, la rénovation énergétique des bâtiments, par exemple, nécessite une volonté politique forte. Arnaud Brulaire, ancien responsable du développement durable chez Picard Surgelés, affirme avoir cru, pendant dix ans, «faire partie de la solution» en travaillant à l’écologisation de cette importante chaîne alimentaire. «Quand j’ai réalisé les ordres de grandeur et à quel point tout ce que nous avions fait jusqu’à présent était insuffisant, je l’ai giflé», admet-il.

Nous ne parlons pas seulement de se serrer la ceinture pour le plaisir, nous parlons d’un monde à +2, + 3 ° C, où l’insécurité alimentaire se généralisera, où il y aura d’énormes mouvements de population.

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