En visite à Mayotte, la PDG de Météo France annonce de nouveaux moyens

Une visite discrète pour des annonces spécifiques. Le PDG de Météo France, actuellement à Mayotte, a annoncé quelques changements dans les prévisions pour l’île « pour poursuivre la dynamique amorcée depuis l’accession de Mayotte au statut départemental ».

« Renforcer les capacités d’observation, notamment en démarrant un houlographe

Avec la mise en place de 4 stations d’observation cette année, l’installation en cours d’un deuxième tapis à vent sur Pamandzi et l’installation prochaine de 5 stations automatiques du Réseau Climat de l’Etat, le programme de renforcement des capacités d’observation météorologique à Mayotte est en plein essor.

Ce renforcement continu s’est également traduit par une opération d’envergure : l’installation d’une machine à houle à Mayotte, qui a débuté le 29 septembre, et qui soutiendra significativement la future « Vigilance Vague Submersion » de Mayotte (voir ci-dessous). Très attendu, ce nouvel équipement fait désormais partie de la chaîne de surveillance opérationnelle de Météo-France et fournit des informations sur l’état de la mer (direction et hauteur des vagues, température de la mer) aux prévisionnistes et utilisateurs du monde maritime ainsi qu’aux scientifiques chargés de modélisation des prévisions de vagues.

Confirmation du projet d’installation d’un radar hydrométéorologique

La visite du PDG de Météo-France a également été l’occasion de confirmer l’installation imminente d’un radar hydrométéorologique, outil indispensable pour la prévision des ouragans et la prévision des épisodes de fortes pluies, mais aussi pour le suivi des ressources en eau de l’ordre des petits bassins versants qui font le réseau hydrologique de Mayotte et l’aide à l’évaluation du risque d’incendie de forêt. L’emplacement choisi (pic de La Vigie à Petite Terre) répond à tous les critères et restrictions de visibilité. La construction de ce nouveau radar débutera en janvier 2023, pour une livraison prévue début 2025.

Construction du nouveau centre Météo France à Mayotte

Actuellement hébergé dans des locaux de la plate-forme aéroportuaire de Pamandzi qui ne répondent plus aux besoins, Météo-France a franchi l’an dernier des étapes décisives avec son projet de construction d’un nouveau centre à Mayotte. Les contrats de construction ont été annoncés début septembre et les travaux ont débuté en octobre de cette année, pour une livraison prévue du nouveau centre en 2022.

Refonte en cours des systèmes de vigilance météorologique et d’alerte cyclonique

Afin d’adapter au mieux les systèmes de surveillance météorologique aux spécificités du territoire, mais aussi d’harmoniser les systèmes sur le territoire national, plusieurs changements de mise en œuvre seront annoncés dans les prochaines semaines.

• Mise en place d’un système de vigilance à 4 couleurs (vert, jaune, orange et rouge) similaire à celui de la métropole

• Abaissement du seuil des vents cycloniques à Mayotte à 120 km/h (seuil de déclenchement d’une alarme rouge)

• Introduction de « l’alerte violette » pour les épisodes cycloniques d’intensité exceptionnelle

• Arrêt des autres communications au niveau de l’alerte dès le déclenchement de l’alarme cyclonique (à partir de l’alarme cyclonique orange) : l’alarme cyclonique prime sur la vigilance afin d’éviter tout risque de confusion.

Enfin, la vigilance Vagues-Submersion (VVS) remplacera la vigilance Fortes Houles et sera également programmée. Cette VVS prend désormais en compte l’impact sur le littoral, tandis que le suivi strict de la houle du plan actuel, qui ne prend en compte que la hauteur moyenne de la houle du large, des épisodes dus à l’affaissement de l’île.

Position de Belna le dimanche 9 décembre 2019 à 13h15 (Mayotte h)

Ces annonces répondent ainsi à plusieurs enjeux : la standardisation des instruments nationaux, mais aussi l’adaptation aux particularités locales, notamment à la crise sismique-volcanique et à l’affaissement qui a accru le risque d’inondation des vagues. Une communication plus claire et des moyens de détection plus précis pourraient également faciliter et accélérer les phases d’alarme et sauver de nombreuses vies. Les sueurs froides que le passage du cyclone Belna a provoquées à quelques encablures de nos côtes il y a tout juste 2 ans (début décembre 2019) ne sont sans doute pas vaines.

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