Foehn, Cévenol et Medicane: faîtes vos jeux!

Les dépressions ont tendance à revenir vers la Méditerranée en milieu de semaine. L’événement n’est pas anodin car il peut se traduire à cette période de l’année en situations de foehn, « effets cévenols » ou par de redoutables « Medicanes ». Comment distinguer ces différents types d’événements ? Voici quelques explications :

La présence d’eau chaude à la surface de la mer s’accompagne généralement d’une évaporation importante. Le phénomène n’est pas très important en été, mais il acquiert une touche particulière avec le début des premières dépressions en automne, car il apporte de plus grandes quantités d’humidité dans l’atmosphère.

Foehn et Cévenol : même origine, mais effets différents d’une région à l’autre.

Dans le cas du foehn, comme dans le cas de l’effet Cévenol, les dangers sont causés par la présence d’une dépression entre le golfe de Gascogne qui dirige l’air humide et instable de la Méditerranée vers le nord. Les mécanismes sont cependant assez différents.

Foehn dans les Alpes le 7 novembre 1982 (à gauche). Effet de contrainte sur les Alpes (à droite). [Olivier Roux – Eumetsat / skieurs.com]

Dans les phases de foehn (ci-dessus), l’humidité est bloquée par un effet de barrage sur le versant sud des Alpes. Lorsque les courants ont tendance à augmenter, l’air se refroidit, provoquant une forte condensation. D’où de fortes pluies. Autre caractéristique de ce type de situation, la température est plus élevée sur le versant nord des Alpes : l’air devient plus sec, les éclaircies se développent très rapidement.

Lors des épisodes de type cévenol (ci-dessous), l’air chaud et humide – qui monte du golfe du Lion – a également tendance à s’activer dans les reliefs. Mais contrairement aux situations de foehn, il trouve l’air frais qui circule derrière la dépression. Et ce qui se passe dans notre cas dans le massif des Cévennes. Le phénomène se caractérise par des contrastes thermiques importants, se traduisant par de violents orages et de fortes pluies en Languedox-Roussillon. Lors de ces épisodes, les accumulations atteignent facilement 300 à 400 mm en 24 heures.

Image satellite d’un épisode de type « Cévenol » le 16 septembre 2002 (à gauche). Schéma d’un effet « Cévenol » à droite. [Olivier Roux – Eumetsat / Meteolanguedoc.com]

Outre la température à la surface de la mer, le caractère stationnaire de la zone dépressionnaire entre les Baléares et le golfe de Gascogne est une circonstance aggravante tant pour le Foehn que pour le Cévenol.

Médicinal : dépression aux caractéristiques tropicales.

Autres événements redoutables, les épisodes de « Medicane » (contraction de l’ouragan méditerranéen) ou de tempête méditerranéenne du T.M.S. (tempête de type tropical méditerranéen).

Médecine « Lanos » entre l’Italie et la Grèce, le 18 septembre 2020. [Olivier Roux – Nasa/windy.com]

Ces événements sont caractérisés par la présence d’un système basse pression hybride entre une structure tropicale (caractérisée par un centre chaud) et une perturbation « standard » des latitudes moyennes.

Lorsque la température de l’eau de surface de la mer atteint 25 degrés dans le nord de la Méditerranée, l’évaporation prend une intensité particulière, ce qui favorise le développement des tempêtes. Semblable à ce qui se passe dans une dépression tropicale, les nuages ​​s’organisent symétriquement autour d’un axe, avec un œil tendant à se former au centre du système.

En plus des précipitations, qui peuvent devenir particulièrement intenses, les vents sont souvent orageux. Par exemple, l’événement des 1er et 2 octobre 2008 s’est accompagné de rafales de 157 km/h au Cap Corse. Sur 30 heures, les valeurs de précipitations ont également atteint 362 mm à Quercitello, 338 mm à Campile et 318 mm à Ghisoni.

Les mannequins réagissent pour la semaine prochaine mais l’évolution est incertaine…

Plusieurs dépressions devraient circuler en Méditerranée en milieu de semaine. Ils ne devraient pas être particulièrement virulents mercredi ou jeudi. Ce sera peut-être différent en début de semaine prochaine.

Répartition des précipitations et des pressions, prévues par le modèle européen pour le mardi 21 septembre 2021 [Olivier Roux – ECMWF / windy.com]

Le modèle européen (ECMWF) montre un fort signal de barrage dans les Alpes le mardi 21 septembre plus tard dans la journée. Cependant, si vous regardez de près les dernières versions des modèles, l’avènement d’une telle situation s’accompagne d’un indice de fiabilité plutôt faible. Musique du futur donc, mais seulement pour l’instant !