Images de science : La Guadeloupe envahie par le ver plat de Nouvelle-Guinée

Le format «Images of Science» permet de déchiffrer une photographie particulièrement significative d’un point de vue scientifique, de la décrire et d’en comprendre les enjeux.

Début 2019, lorsque nous avons évoqué pour la première fois l’ornithorynque de Nouvelle-Guinée, Platydemus manokwari, en Guadeloupe, c’était un peu inquiétant. Cette espèce est considérée comme très envahissante. C’est un prédateur d’autres animaux terrestres. Il a été observé sur de nombreuses îles d’Océanie et a été signalé pour la première fois en 2015 dans les Antilles de Porto Rico. Nous avons ensuite publié une brève réimpression en mai 2020 (un article qui n’a pas été corrigé par la communauté scientifique) pour signaler sa présence en Guadeloupe – à l’époque c’était un constat quelque peu anecdotique.

Fin 2020, nous travaillions sur une autre espèce de ver plat, Amaga expatria, qui semble relativement commune en Guadeloupe et en Martinique. A cette occasion, nous avons présenté nos recherches dans The Conversation et les médias locaux ont parlé des vers plats terrestres – probablement pour la première fois sur ces îles. Quand j’en ai eu l’opportunité, j’ai appelé les radios et télévisions qui ont trouvé un étrange ver dans leur jardin pour m’envoyer leur observation.

Lire la suite:

Les vers plats prédateurs envahissent les Antilles

Les résultats ont été impressionnants en termes de vitesse. Nous avons reçu des dizaines de rapports en quelques semaines. Les gens envoient des photos ou des films pris avec des smartphones, dans le jardin ou à la maison – Platydemus manokwari se promène généralement sur des terrasses ou grimpe aux murs. Et voici le résultat de cette carte dans son invincible vérité: elle a attaqué toute la Guadeloupe, à la fois Grande-Terre et Basse-Terre. Marie-Galante est également contaminée!

A lire aussi :   Ce jour où un ingénieur de SpaceX a rampé à l'intérieur d'une fusée en train d'imploser pour sauver l'entreprise

Cette carte montre le pire et le meilleur. Pire: il illustre le terrible danger des invasions biologiques. Les espèces exotiques envahissantes constituent une menace majeure pour la biodiversité et coûtent cher à l’humanité. Une espèce jamais signalée en Guadeloupe avant 2018 a envahi toute l’île en seulement deux ans!

Mieux encore: l’extraordinaire puissance de la science participative, qui, grâce à la gentillesse des personnes qui signalent l’espèce, permet d’obtenir des informations scientifiques à un rythme record. Merci encore à toutes ces personnes: elles reconnaîtront leurs initiales dans le tableau publié dans l’article (accès libre et gratuit).