La Chine à la conquête de Mars

La sonde chinoise Tianwen-1, qui est en orbite autour de la planète rouge, devrait larguer un atterrisseur et un rover entre mai et juin. Une mission technologiquement audacieuse et politiquement ambitieuse que seuls les États-Unis ont réussi à accomplir jusqu’à présent.

Cet article provient de la revue Sciences et Avenir – La Recherche no. 890 d’avril 2021.

La Chine a donc réussi son pari. Au moins la première étape. Le 10 février, il a réussi à mettre en orbite la sonde Tianwen-1 autour de Mars, quelques heures après l’orbiteur émirati Al-Amal et huit jours avant l’atterrissage du rover Perseverance de la NASA – trois missions ont profité de la même fenêtre de tir qui s’est ouverte en juillet 2020. Le Géant asiatique devenant ainsi le sixième pays à rejoindre la planète rouge après les États-Unis, la Russie (puis l’URSS), l’Europe, l’Inde, et donc plus récemment les Émirats arabes unis (avec l’aide cruciale des Américains cependant). Mais Pékin n’a pas l’intention de s’arrêter là. Elle vise des objectifs encore plus ambitieux pour sa première évasion de la lune dans l’espace lointain. Entre mai et juin, Tianwen-1 devrait atterrir le site d’atterrissage et le véhicule à moteur à la surface de Mars, un exploit technologique que seuls les États-Unis ont réussi à réaliser jusqu’à présent. « Dans l’histoire de l’exploration de Mars, aucune nation n’a jamais combiné un orbiteur, un atterrisseur et un rover dans la première mission. C’était incroyablement audacieux! » insiste Francis Rocard, responsable du programme de recherche sur le système solaire au Centre national d’études spatiales. «Avec ce programme, Pékin veut automatiquement s’élever au niveau des plus grands», juge Isabelle Sourbès-Verger, géographe et directrice de recherche CNRS au Centre Alexandre-Koyré à Paris.

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