Le climat : La relance « verte » post-Covid peut contenir le réchauffement, selon l’ONU

Le climat : La relance "verte" post-Covid peut contenir le réchauffement, selon l'ONU

Publié le 9 décembre 2020 à 18h19

Sur le plan de l’environnement, les nouvelles ne sont pas bonnes. Elles sont même catastrophiques. Mais notre avenir climatique peut encore être sauvé. Un nouveau rapport des Nations unies espère que la pandémie nous servira de leçon et nous incitera à mettre en œuvre une véritable « reprise verte » capable de contenir le réchauffement climatique.

Actuellement, le monde se dirige toujours vers un réchauffement de 3 degrés, selon les projections de ce rapport annuel du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Cela nous amènerait bien au-delà des objectifs de l’accord de Paris, conclu il y a cinq ans, pour contenir le réchauffement climatique à 2°C, voire 1,5°C au-dessus des températures préindustrielles.

Certes, la pandémie de Covid-19, en mettant en veilleuse une partie importante de l’activité mondiale pendant de nombreux mois, a entraîné une baisse des émissions de CO2, le principal gaz à effet de serre. Elles devraient diminuer d’environ 7 % en 2020. Mais à long terme, cette baisse n’aura un impact que de 0,01% sur la réduction du réchauffement climatique d’ici 2050, selon le rapport.

66% de chances de réussite

66% de chances de réussite

A moins que… la pandémie ne se transforme en opportunité. En combinant des plans de relance économique avec des mesures incluant des engagements de zéro émission, « les gouvernements peuvent encore atteindre l’objectif ambitieux de contenir le réchauffement climatique », affirment les experts de l’ONU. Sur le même sujet : Conditions météorologiques antérieures liées à l'intensification rapide des ouragans près de l'atterrissage.

Un plan de relance « vert » pourrait réduire les émissions de 25 % par rapport aux prévisions actuelles jusqu’en 2030 : celles-ci pourraient diminuer de 44 gigatonnes/CO2, au lieu des 59 gigatonnes prévues sur la base des politiques mises en place avant Covid.

Une telle relance verte placerait les émissions dans une fourchette qui donnerait 66 % de chances de maintenir les températures en dessous de 2 °C, bien que cela reste insuffisant pour atteindre l’objectif de 1,5 °C.

Les actions prioritaires, selon le rapport, comprennent le soutien direct aux technologies et infrastructures à émission zéro, la réduction des subventions aux combustibles fossiles, l’arrêt de l’ouverture de nouvelles centrales électriques au charbon et la promotion de « solutions basées sur la nature » telles que le reboisement.

Jusqu’à présent, selon le rapport, les mesures prises dans le cadre d’une relance budgétaire verte ont été limitées. Environ un quart des membres du G20 ont consacré une partie de leurs dépenses – jusqu’à 3 % du PIB – à des « mesures à faible intensité de carbone ». Néanmoins, il reste une opportunité importante pour les pays de mettre en œuvre des politiques et des programmes écologiques. « Les gouvernements doivent saisir cette occasion lors de la prochaine phase des incitations fiscales mises en place pour le Covid-19 », indique le rapport.

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Un effort à faire pour les pays riches

Un nombre croissant d’États annoncent des calendriers pour s’orienter vers la « neutralité carbone ». « Au moment de la rédaction du présent rapport, 126 pays couvrant 51 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre avaient adopté, annoncé ou envisagé des objectifs de zéro émission », a déclaré le PNUE. Lire aussi : Étude: 2019 enregistre une perte record de glace du Groenland. Mais ces engagements doivent être « d’urgence » traduits en actions, avec des mesures fortes à court terme, soulignent les experts.

Les niveaux d’ambition de l’Accord de Paris doivent être grosso modo triplés pour la trajectoire de 2°C et multipliés au moins par cinq pour la trajectoire de 1,5°C. L’ONU avertit que l' »équité » des efforts sera « centrale » pour atteindre cet objectif, puisque les émissions du 1% de la population mondiale le plus riche sont deux fois plus importantes que celles de la moitié la plus pauvre.